« Oyé, Oyé »

La communication

Sans contredit, il fut une époque où le manque de communication lors d’un programme de course était une lacune importante.  Lorsque j’ai commencé comme signaleur des Autodrome Drummond et St-Grégoire au début des années 70 et que nous n’avions pas de walkie-talkie,  mon assistant et mentor, Paul Demers, avait toujours en main un crayon et un papier. Tout au long d’une course il inscrivait les tours de piste, le nombre de voitures à chacun des tours pour faire certain qu’il n’en manquait pas un. Les plus vieux se souviendront que les puits se trouvaient au centre du tracé sur l’ancienne piste de 5/8e de mile de l’Autodrome Drummond.  De la tour du signaleur, nous n’avions aucune vision sur le droit arrière à partir de la sortie de la courbe #2 jusqu’au centre des courbes 3 & 4. Les camions ainsi que leurs remorques stationnés tout au long de l’allée centrale des puits, souvent tous occupés par des personnes juchées en hauteur pour mieux voir la course en cours, nous obstruaient complètement la vue.

 

 

Afin de pallier au manque de vision que nous avions, une tour en bois d’une hauteur d’environ 20 pieds de haut a été érigée à l’intérieur de la courbe #3. Il faut se rappeler qu’à cause de la dimension de l’ancien tracé, cette tour est située aujourd’hui environ au début de l’allée des puits actuelle menant vers la balance, ce qui représente tout de même une distance respectable. Sur cette tour, un officiel prenait place durant les courses et muni d’une puissante lumière style « radar light », ce dernier tentait de nous avertir qu’un incident quelconque se produisait sur le droit arrière (auto en panne, collision et autre). Nous arrêtions alors la course avec le drapeau jaune et tout ça sans trop savoir pourquoi. Je dois également souligner qu’à cette époque, le marqueur officiel prenait place avec l’annonceur, dans la petite tour au centre du tracé. Les loges tout en haut de l’estrade étaient alors inexistantes.

 

La radio communication

Ce n’est que vers la deuxième moitié des années 70, que la direction des Autodromes Drummond & St-Grégoire, sous la destinée du promoteur Gilles Lacroix, fait l’acquisition de walkie–talkies (radios). Cette trouvaille qui pour nous devait être « la meilleure des inventions après le pain tranché », s’est souvent révélée être un vrai cauchemar…  Ces radios opéraient sous de basses fréquences. Nos tentatives de communication se trouvaient régulièrement entrecoupées par celles des répartiteurs des autos taxis de la ville de Drummondville.  Je vous fait grâce de la cacophonie qui régnait.  Sur la photo qui suit je portais ce walkie–talkie.

 

Gaston et Paul Demers

 

Ce n’est que lors de l’acquisition de l’Autodrome Granby par Bob Gatien et son groupe qu’il y eut une nette amélioration à cet égard. Mandaté par cette nouvelle organisation et appuyé par le Promoteur Jacques Lambert, je me suis mis à la recherche de walkie-talkie doté d’une meilleure technologie. Mon ami George Smith propriétaire de l’équipe State Wide #3 de Jimmy Horton, m’a mis en contact avec Bruce Silver de Racing Electronics, situé à Atlantic City, NJ. Les Autodrome Granby et Drummond font alors l’achat de 10 radios Motorola SP50 VHS ainsi que 10 casques d’écoute dernier cri. Nous avions alors la crème sur le marché en matière de radio communication. Fait à souligner, presque 40 ans plus tard, ces radios sont encore en usage aux autodromes Granby, RPM et Drummond.

 

Autrefois vs aujourd’hui

Jadis, il n’y avait pas de véritable direction de course. Il y avait le commissaire aux puits, le marqueur et son équipe dans leur bulle, le signaleur dans sa tour, etc, etc. Tous fonctionnaient en peu en vase clos. Pour pallier à la chose, il fut même question d’installer une ligne directe entre la tour de contrôle située au centre des puits à Drummond et la tour du signaleur. Cette ligne serait du type corde à linge, à laquelle on aurait pu y attacher un bout de papier comportant les positions des coureurs en piste. Ce ne fut jamais fait.

 

Également, il y avait un règlement qui disait que le signaleur est le seul maître en piste et que ses décisions étaient sans appel. Un état de chose tout à fait normal pour l’époque, puisqu’étant sans communication avec quiconque, tout reposait sur ses épaules. Avec la communication de nos jours, tout a bien changé. Non seulement tous les officiels peuvent communiquer entre eux mais le directeur de course peut même parler aux pilotes dans leur voiture. En haut de la pyramide, le directeur de course a un œil sur l’ensemble du circuit. Si besoin il y a, il peut être en communication avec chacun des officiels en poste, avec un ou l’ensemble des pilotes, avec divers préposés tels : remorques, ambulance, sécurité, personnel d’entretien de piste et il peut même communiquer avec les équipes de courses via le système informatique « My Race Pass » (en vigueur pour la saison qui vient).

 

Steve Salvas, directeur de courses (photos La Voix de l’Est)

 

En fait le directeur de course DIRIGE. Il est un véritable chef d’orchestre et sans la communication, rien de tout cela serait possible. On retournerait à « l’âge de pierre » de la course automobile.

 

NB : La prochaine chronique portera sur diverses anecdotes et qui s’intitulera « Poussière de piste ».  Ce sera la dernière, bonne saison de courses 2023.

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