Après plus d’une décennie passée à dompter l’asphalte, un visage bien connu des puits des voitures Légendes Modifiées s’apprête à vivre un important virage dans sa carrière. Le pilote originaire de Trois-Rivières, compétiteur régulier sur les circuits du Québec depuis 2009, fera en 2026 le saut vers le championnat des Mod Lites — un changement qu’il mûrit depuis longtemps.
Un parcours forgé dans la tradition familiale
Le sport automobile, chez lui, c’est une affaire de famille. « Mon père a coursé, il faisait du stock-car et du drag. C’est lui qui m’a introduit dans les courses », raconte-t-il. Avant même de s’installer dans une voiture légende, il avait déjà goûté à la compétition en drag avec la voiture paternelle.
En 2009, il fait officiellement ses débuts en stock-car à Saint‑Eustache, dans les classes d’entrée. Il gravit ensuite les échelons : 4 cylindres, Sport Compact, puis finalement les Légendes Modifiées en 2019, année où l’Autodrome St‑Eustache ferme ses portes.
Rapidement, il s’impose comme un pilote constant et compétitif : quatrième au championnat dès sa première saison, puis deux podiums au classement général les années suivantes. « Toutes les courses que je finissais, je finissais sur le podium », dit-il, même si la malchance lui a parfois coûté cher.
L’appel de la terre
Malgré son succès sur l’asphalte, l’idée de courir sur la terre battue le travaille depuis longtemps. « Chaque fois que j’allais voir un show sur la terre, je trouvais que le spectacle était incroyable. Les estrades sont pleines, l’ambiance est folle. Je me disais que chauffer un char là-dessus devait être tout aussi le fun. »
Son intérêt s’est accentué lorsqu’il a côtoyé les Mod Lites au Grand Prix de Trois‑Rivières, où il avait contribué à amener la série des Légendes Modifiées. La proximité mécanique entre les deux types de voitures — gabarit similaire, ajustements comparables — a fini par le convaincre.

Et un certain Alan Carrier n’est pas étranger à ce virage. « Carrier est venu faire une course en légende. Il m’a dit que les 1000 cc des Mod Lites tiraient pas mal plus que nos 600. En jasant avec lui, ça m’a vraiment donné le goût. »
Un nouveau défi, sans illusions mais avec ambition
Pour 2026, il se joint donc officiellement au championnat des Mod Lites à titre de recrue. « Je suis compétitif, mais logique. La terre et l’asphalte, c’est deux mondes. Je m’attends pas à battre des records la première année. Mon objectif, c’est le championnat des recrues. »
Il sait que le peloton Mod Lite est l’un des plus relevés au Québec, avec un calendrier varié : Granby, Drummondville, RPM Speedway, mais aussi Cornwall, East Broughton et d’autres pistes. « C’est quelque chose qui m’a allumé. Le calibre est bon, les pistes sont nombreuses, et il y a même des possibilités d’aller aux États-Unis. Peut-être en fin de saison, si le budget le permet. »
Une nouvelle monture… et un clin d’œil du destin
S’il avait d’abord envisagé d’acheter la voiture d’Alan Carrier, le timing n’a pas joué en sa faveur. « Il fallait que je vende mon char avant d’en acheter un autre. Carrier l’a vendu avant que ça règle. »
Finalement, il met la main sur la voiture no 66 d’Antonin Lafleur — un hasard qui le fait sourire. « Mon numéro en légende, c’était 66. On niaise en disant que ce char-là m’attendait. »
Un compétiteur de plus dans un peloton déjà relevé
Avec son arrivée, la série Mod Lite gagne un autre pilote d’expérience, méthodique et déterminé. « Je vais faire mes devoirs, c’est sûr. Je veux apprendre, progresser, puis me battre pour le titre de recrue. »
Son passage de l’asphalte à la terre sera suivi de près. Et si l’histoire se répète, il pourrait bien surprendre plus vite qu’il ne le croit.





