La fraction de seconde qui fait la différence

À chaque programme de courses sur terre-battue, nous sommes frappés par la compétitivité des pelotons qui performent sur nos circuits. Plusieurs pilotes différents sont en mesure d’accéder au top 5 soir après soir. Cette furieuse compétition pousse les équipes à tout faire pour aller chercher la fraction de seconde qui manque pour battre son adversaire.

En Modifié, la venue des 358 a rendu encore plus importante la façon de négocier les virages. Si en Gros Bloc on peut se permettre une petite erreur et se reprendre à l’accélération, ce n’est pas le cas en 358 avec les têtes spec et les w16. Il faut absolument garder la voiture droite et ne pas glisser pour perdre du momentum. Outre la condition de la piste, ce fameux momentum est une des raisons pourquoi on voit de plus en plus de pilotes rouler à l’extérieur. Si la pénurie de pneus qui affecte le monde du sport automobile en Amérique du Nord diminue l’avantage des grosses équipes à toujours avoir les meilleurs pneus, ils se reprennent sur la suspension. Nombre d’équipes Modifié sont équipes pour tester les amortisseurs et les ressorts pour aller chercher le meilleur combo possible.

Parfois entendre un pilote qui termine en dehors du podium nous dire qu’il fait des tests et que c’est pour cette raison qu’il a terminé à cette position nous fait sourire mais il arrive que c’est vrai! Les fractions de seconde sont tellement importantes qu, on essaie des ajustements, des pièces qui nous permettront d’aller chercher un minime avantage mais qui fait toute la différence. Le progrès passe par ses tests. Il n’y a pas longtemps, 95% des équipes roulaient avec une suspension à barre de torsions et avec une barre Panhard à droite. Des équipes et des fabricants ont fait des tests et voilà que 3 ans plus tard 95% des équipes utilisent une suspension à ressorts et une Panhard à gauche! Au niveau du moteur, la plupart des équipes ont des engins qui se ressemblent au niveau force et couple. Les courses ne sont plus une affaire de moteur mais évidemment, le choix du ratio du pont arrière est encore primordial. Pas assez d’accélération, pas assez de vitesse au bout du droit, trop de survirage. Tous des conséquences d’un mauvais choix de ratio. Et maintenant en plus, 90% du peloton a le même châssis Bicknell avec quelques options différentes.

On a qu’à penser aux Sportsman et aux Pro-Stock dont les voitures sont tous munies du même moteur. Il devient alors encore plus important de trouver une recette d’ajustements qui fera la différence. La suspension est le nerf de la guerre et ce sont les compagnies d’amortisseurs qui en profitent. Avec les conditions de piste changeantes que l’on connaît d’une soirée à l’autre, les équipes doivent toujours être sur le qui-vive pour choisir la meilleure combinaison. La capacité de lire un circuit et de prévoir son état dans la dernière partie de la course est un atout que peu de gens ont et c’est presque un art. Des chefs mécaniciens de longue date et des vétérans pilotes se trompent encore alors imaginez à quel point cela peut être difficile pour des nouveaux.

Les Sport Compact offrent semaine après semaine un spectacle qui tient les spectateurs en haleine. La grande différence dans cette classe est que chaque voiture est differente. Année de voiture différente, modèle différent et même manufacturier différent. Le poids est un facteur également puisque bien qu’un poids minimal est requis après chaque course, une voiture plus légère à la base permet aux équipes de placer le leste à des endroits stratégiques sur la voiture pour affecter positivement sa conduite.

Pour avoir discuter avec plusieurs équipes, la façon d’atteindre le poids minimal est différent. Certaines équipes s’assurent d’avoir le poids minimal avec le pilote mais sans essence alors que d’autres doivent s’assurer qu’il y est au moins un minimum d’essence restant à la fin de la course dans le réservoir pour passer l’inspection à la balance. Avec des moteurs qui se ressemblent tous et le fait qu’on veut toujours aller chercher le minimum de poids en trop possible pour ne pas nuire aux performances, il arrive que les voitures manquent d’essence. Une neutralisation de trop peut tout changer. Même chose avec le poids, une neutralisation peut faire brûler une livre d’essence de trop et on se retrouve sous le poids demandé. Les équipes ont appris avec le temps à bien calculer mais des erreurs peuvent survenir et c’est pour cette raison qu’après les courses, vous pouvez remarquer certains pilotes aller dans des endroits boueux sur le circuit pour que de la terre colle sur le châssis et sur la carrosserie pour aider à la balance. C’est la technique ne prends pas de chance!

On me racontait en début d’année que la pandémie a été difficile pour certains pilotes au niveau du poids et que les ajouts de leste étaient moins nécessaires disons! Plus facile de faire le poids certes mais ce poids est au centre du véhicule et on ne peut pas le déplacer!

Bref, les équipes innovent, fabriquent et testent de nouvelles pièces à chaque semaine. Certains cachent jalousement leurs innovations des yeux des autres équipes avec des toiles mais il y a bien sûr un jeu mental là-dedans. Ça fait parler et pendant qu’on se demande ce qui a derrière la toile, on ne travaille pas sur sa voiture pour tenter de l’améliorer! D’ailleurs les équipes sont devenues de véritables spécialistes pour trouver les zones grises dans le livre des règlements. Bien souvent ce sont les équipes qui exploitent ces zones grises qui amènent des changements aux règlements.

Les équipes de courses sont ingénieuses. Certaines ont trouvé des moyens de signaler à leur pilote qu’elle ligne utilisée à l’aide de lumière et de bâtons. Kyle Larson disait même que les pilotes utilisent les écrans géants lorsque ceux-ci sont visibles par les pilotes pour savoir où les autres roulent. L’esprit de compétition est tellement grand que ce n’ est pas surprenant que certains parfois passent la limite.

 

Que ce soit les Modifiés, les Sportsman, les Pro-Stock, les Sprints, les Modlite, les Sport Compact etc., tous les pilotes veulent aller plus vite et veulent gagner des positions. C’est l’essence même des courses et bien que les budgets varient, que les équipements différent et que les outils ne sont pas les mêmes, il reste une constante et c’est que toutes les équipes vont essayer de trouver une façon d’aller plus vite et de trouver la fraction de seconde qui manque.

 

 

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