J.P. Lessard : une légende des courses « Open Wheels »

Nous avons tous vu un pilote qui s’est distingué par ce qu’il pouvait faire avec la machine qu’il pilotait. Le pilote dont il est question ici n’a pas fait sa marque sur la terre, mais plutôt sur l’eau, mais les deux sports ont des points communs.

Les courses sur piste de terre des années 70 jusqu’au milieu des années 90 ont été considérées par beaucoup comme la meilleure des époques.  Les équipes étaient nombreuses, les calendriers de course étaient remplis et les fans se pressaient sur les sites de course jusqu’à ce qu’ils débordent.

Des pilotes comme Brett Hearn, Danny Johnson, Jumping Jack Johnson et Pete Bicknell ont tous laissé leur empreinte sur une piste de terre.

À la même époque, les choses étaient à peu près les mêmes lorsqu’il s’agissait de courses de bateaux.  Oui, ce n’est pas une course sur piste de terre, mais il y a des éléments communs.  Les deux courses se déroulent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, sur des surfaces qui peuvent être très difficiles à maîtriser.

Dans le monde des hydroplanes Grand Prix, les bateaux Lauterbach étaient légendaires à l’époque des courses de bateaux.  Des pilotes comme Tom D’Eath, Tommy Baker, Larry Lauterbach, Jules Leboeuf, Howie Ben’s et BobTheoret ont tous fait leur marque au volant d’un Lauterbach.  Un pilote qui s’est démarqué est Jean-Pierre (J.P.) Lessard en raison de son talent derrière le volant.  Le style de conduite de Lessard était légendaire, toujours sur le fil du rasoir, faisant vibrer les fans partout où il courait.

Ceux qui ont connu le sport et qui ont été témoins de ces années de gloire se souviennent souvent des jours passés, et tôt ou tard, le nom de J.P. Lessard est évoqué.

Pour conduire un hydroplane Grand Prix à l’époque, il fallait être une personne spéciale, avec des nerfs d’acier. Les pilotes s’asseyaient à roue libre, sans aucune contrainte, et atteignaient des vitesses de près de 160 milles à l’heure.

Lessard, originaire de Louiseville, au Québec, s’est laissé gagner par la montée d’adrénaline et a manœuvré son bateau de toutes les façons possibles pour contourner la concurrence. À bien des égards, c’est pourquoi il était si excitant à regarder, prenant des risques quand d’autres étaient plus réservés. Cet attribut n’a pas toujours été le cas pour J.P. car il lui a fallu de nombreuses années de compétition pour affiner ses compétences en course à ce niveau.

La course pour J.P. Lessard a commencé en 1972 quand il a commencé à courir dans la classe 280/360. Vers la fin de 1978, Lessard a acheté l’un des meilleurs bateaux de l’atelier Lauterbach, le « Desourdy Special » de Robert Cabana.

En 1979, J.P. prend le contrôle du « Nordic » GP-25 en fin de saison après l’accident tragique qui a coûté la vie à Joe Gimbrone. À cette même époque, J.P. dirigeait également son bateau LPJ Special 5 litres. Pendant les quelques saisons suivantes, Lessard a fait ce double travail, mais son premier choix de véhicule était son propre LPJ Special.

En 1980, Lessard, au volant de son célèbre LPJ Special, a remporté le championnat dans la classe Braden, une classe créée en l’honneur du regretté Bill Braden, décédé lors d’une course sur son bateau à Huntsville, en Ontario.

Au milieu de la saison 82, J.P. est au volant du GP-247 Deep Water Special appartenant à Norman et Sandy Lauterbach et il continuera à piloter le Deepwater Special jusqu’à la fin de la saison 1984. Mais c’est au cours de la saison 1983 que Lessard a commencé à laisser sa marque dans le sport. J.P. a conduit son LPJ Special jusqu’au titre de champion aux points et au titre national. Jean Pierre gagnera toutes les courses cette année-là dans son bateau de 5 litres.

En 1983, Lessard, au volant de son GP-247 « Deepwater Special », remporte les honneurs du Seven-Up Invitational aux Régates de Valleyfield.

La saison qui se démarque des autres pour Jean Pierre est celle de 1985. Ce sera une saison de rêve pour ce pilote québécois.  Lessard s’est associé à Warren Wilhelm, un propriétaire de bateau du New Jersey.  Wilhelm a fait la campagne de bateaux dans le passé, comme le Happy Hooker et le Bewitched.  Cette année-là, J.P. pilotera le GP 404 « Golden Princess » jusqu’à la victoire à Détroit, Montréal, et Cocagne, N.-B.  Mais pour remporter le championnat des points, Lessard devait terminer devant son rival Robert Theoret de Vallyfeild, Québec, à bord de la GP444 lors de la course finale à Littleton, N.H. Les deux vétérans étaient pratiquement à égalité de points avant la finale.

Les deux pilotes vétérans étaient pratiquement à égalité de points avant la finale. En fin de compte, Lessard a terminé deuxième dans la course finale derrière le gagnant Jean Theoret, à bord de la « Miss Danash ». Quant à Bob Theoret, il est pénalisé pour avoir poussé, ce qui donne le championnat à Lessard. Jean Perrier ajoutera également les titres de champion du monde et d’Amérique à son palmarès cette saison-là.

En 1986, J.P. ne reviendra pas dans l’équipe des Princes d’Or car Richard, le fils de Warren, prend les commandes. Lessard pilote alors le bateau Miss Pepsi, un bateau que J.P. connaît bien puisqu’il s’agit de l’ancien GP 247 Deepwater Special. Cette année-là, il pilotera également le bateau Schenley » GP-1001 de Leboeuf.

Les saisons suivantes, Jean Pierre pilotera le Miss Pepsi ainsi que le Nordic GP 25 à fourche.

Fin 1987, Jean Perrier commande un nouveau Lauterbach qui sera construit dans le célèbre atelier de Portsmouth. Ce sera le dernier des grands bateaux GP Lauterbach à être construit, les bateaux Cabover devenant plus dominants. L’introduction des capsules de sécurité devenait de plus en plus courante, mais cette idée ne pouvait pas être intégrée dans l’ancienne conception conventionnelle.

Le GP-242 « Dynasty » a pris la mer en 1988, et Lessard a remporté le Laurentide Invitational aux Régates de Valleyfield au début de la saison. J.P. a ensuite remporté la finale du Grand Prix de Dartmouth la même saison.

La saison suivante, J.P. a de nouveau remporté le tournoi sur invitation aux Régates de Valleyfield. Il remporte ensuite la finale de 1989 à Ville-Marie, au Québec. Ce sera la dernière victoire en vedette d’un bateau Lauterbach dans la classe Grand Prix.

A la saison 1990, les bateaux Cabover étaient les bateaux de choix, plus le mandat d’immunité pour les capsules à installer sur tous les bateaux, l’écriture était sur le mur pour Jean Perrier et son bateau Lauterbach bien-aimé.

La dernière performance des légendaires bateaux Lauterbach aura lieu en 1992 avec le GP-242 « Dynasty » de J.P.  Il devait se mesurer à une autre légende de la course d’hydroplanes dont le choix de bateau était également un Lauterbach.  Les deux pilotes dynamiques n’ont pas déçu les fans, puisqu’ils ont disputé toute la course côte à côte.  Cette course fut tellement épique, une bataille entre deux légendes du sport, qu’elle fut surnommée à juste titre « la course ».

Plus tard dans la saison, Lessard a laissé une dernière trace dans le sport qu’il aimait, en terminant la saison à la Baie Saint-François, qui accueillait les championnats du monde, des États-Unis et du Canada.  Sur l’ensemble des bateaux qui se sont affrontés ce week-end-là, seuls deux étaient des bateaux conventionnels à roue ouverte.  Lessard et son talent de pilote a terminé sa carrière en prouvant qu’il pouvait encore courir contre tous les bateaux de haute technologie.  Il a terminé en deuxième position.

Aujourd’hui, Jean-Pierre Lessard aura 80 ans ce mois-ci.  Il travaille encore chaque jour à son entreprise LPJ Equipment Inc.  Son bureau est parsemé de souvenirs des jours passés en course.

C’est une âme tranquille mais vive d’esprit qui aime se remémorer ces jours, mais qui est heureuse de quitter le sport au bon moment.  La seule chose triste, c’est qu’il aurait aimé garder son bateau.  Heureusement, le GP-242 « Dynasty » vit encore aujourd’hui et a été restauré avec amour par son propriétaire actuel, Robin Demers – une façon de préserver ce que Jean-Pierre Lessard a laissé dans les livres d’histoire de la course de bateaux.

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