DIRT Motorsports : Qui, quoi, comment, pourquoi?

Le stock-car et son historique

Jadis, force est d’admettre que les courses de stock-car sur piste ovale en terre battue étaient une discipline sportive peu organisée, voir même désorganisée. Dans les années 40/50, on peut presque affirmer que la seule règlementation en vigueur était celle-ci : « Il n’y a pas de règlement ». Au niveau de la mécanique, amenez ce que vous voulez et quant à l’aspect sécurité, chacun y allait selon son bon vouloir. Par exemple, les véhicules étant dépourvus de ceinture de sécurité, certains coureurs optaient pour un câble autour de la taille, attaché en nœud à l’avant!  J’ai ouï-dire qu’au Québec dans les années 50, un véhicule a pris feu à la suite d’une collision. Le pilote n’ayant pu défaire le nœud a péri dans l’incendie de son bolide. À leur grand désarroi, les secouristes et officiels présents n’ont rien pu faire pour le sauver. La sécurité part de loin dans le monde de la course automobile.

 

Les pilotes confinés

Un peu plus tard dans les années 60/70/80, c’était chose courante que le promoteur d’une piste de courses établisse sa propre règlementation mécanique. On pourrait même dire que chaque piste avait tendance à fonctionner en vase clos. À titre d’exemple, la règlementation en vigueur aux autodromes Drummond et St-Grégoire était fort différente de celle du promoteur Guillemette à l’Autodrome Granby. Ça faisait en sorte qu’un pilote se voyait confiné à un circuit en particulier. Ce n’est un secret pour personne que les promoteurs de l’époque aimaient bien avoir la mainmise sur ses pilotes allant même les considérer comme étant leur propriété.

 

Glenn Donnelly et DIRT Motorsports

En 1970, Glenn Donnelly a débuté sa carrière de promoteur de courses en achetant le Weedsport Speedway.  Homme d’affaire averti, au cours de l’année 1972, Glenn approcha 2 autres promoteurs influents de l’époque pour fonder l’association Drivers Independent Race Tracks, mieux connu sous le nom de DIRT Motorsports. Les 2 premiers promoteurs associés ont été Howie Commander de Lebanon Valley Speedway et Stand Friesen, promoteur de Merrittville Speedway, ON et Ransomville Speedway, NY. Le but premier était le pouvoir d’achat. Par exemple, tout ce qui concerne les produits de restauration. Également, cela permettait souvent d’obtenir des commandites sur certains produits courants. Pour la première fois sur terre battue, une règlementation a été écrite en rapport avec les différentes classes de véhicules en vigueur sur le circuit DIRT. De ce fait, les différentes classes sont devenues homogènes dans tout le circuit. Une carte de membre pour les pilotes ainsi que les membres d’équipe a été mise en place et cette carte donnait accès aux puits des pistes membre de DIRT avec une réduction de 5.00$. De plus, des séries majeures ont été établies à travers tout le circuit DIRT, laquelle devint rapidement l’une des associations les plus prolifiques aux USA.

 

DIRT au Québec

Lors d’une de ces courses de Séries Modifié gros blocks au Fonda Speedway en 1977, j’ai eu l’occasion de rencontrer Glenn Donnelly pour la première fois. Je lui ai fait part que le promoteur des autodromes Drummond et St-Grégoire serait bien intéressé à obtenir une de ses courses de Série. N’étant pas membre de DIRT, il m’a informé de la possibilité d’avoir une de ses courses mais que cette dernière ne comporterait pas de points pour le championnat. Par contre, le gagnant se verrait offrir une position de partant garantie lors de la grande finale du SDW à Syracuse… WoW!!!  C’était un début et il en fut ainsi pour plusieurs années.

 

À cette époque, le domaine des courses automobiles était sous la juridiction du ministère des Transports du Québec. Une des obligations était de faire partie d’une organisation reconnue et de ce fait au début des années 80, cette affiliation était avec l’Association des Super Bolide du Québec (L’APSBQ).  Lorsqu’en 1985 Bob Gatien et ses partenaires ont acheté le défunt Rebel Speedway, ça a été le début de la nouvelle ère de l’Autodrome Granby. Granby a opté pour rejoindre les rangs de l’Autodrome Drummond ainsi que de l’APSBQ, et l’Autodrome Granby a remplacé de ce fait l’Autodrome St-Grégoire.

 

Bob Gatien, Robin Manus et Gaston Salvas

 

Au printemps 1987, sous la gouverne de son président Lindor Potvin, l’APSBQ a émi des exigences dans ses négociations avec les Autodromes Drummond & Granby, des exigences que les Autodromes se refusaient d’accepter. Ce bras de fer a fait en sorte qu’un mois après ce qui aurait dû être le début des courses, rien ne bougeait et les pistes étaient inopérantes. Ce printemps fut à mon point de vue l’une des époques les plus sombres que j’ai vécues dans le monde des courses sur terre battue. Il y avait bien eu certaines tentatives de faire des courses mais sans succès; la majorité des équipes de courses supportaient leur association.

 

Un certain soir, j’ai eu un appel d’un des membres de la direction de l’Autodrome Granby demandant à me rencontrer. Les quatre associés : Bob Gatien, René Pelletier, Serge et Normand St-Sauveur sont venus me rencontrer chez moi à Boucherville dans le but de trouver une issue à cette impasse. Tel que déjà mentionné, pour organiser légalement des courses automobiles au Québec, on se doit de faire partie d’une association reconnue. Ma suggestion proposée a été de joindre les rangs de DIRT Motorsports et d’emblée, on m’a demandé de faire le suivi et si possible d’enclencher les démarches requises dès que possible. J’ai contacté Glenn Donnelly et dans les jours qui ont suivi, il a dépêché au Québec son DG Robin Manus, qui a procédé à l’affiliation de l’Autodrome Granby au rang de DIRT Motorsports.  C’était il y a 35 ans passés, nous venions de joindre une organisation de course prestigieuse, comportant plus de 30 pistes et qui avait le vent dans les voiles. Sans oublier qu’au cours des années 86/87/88/89 les séries gros blocks s’étendaient aussi loin que la Floride, la Louisiane et le Texas, lesquelles j’ai eu le plaisir de faire partie en tant que signaleur en chef.

 

Tant qu’à l’Autodrome Drummond, le promoteur Jacques Lambert décide d’attendre et il s’engage avec l’APSBQ . Ce ne sera qu’au printemps de 1988 qu’il a demandé une affiliation à l’association DIRT, laquelle est toujours en vigueur à l’Autodrome Drummond.

 

En 2004, Glenn Donnelly a vendu DIRT Motorsports à World Racing Group et ces derniers ont fermé les bureaux de Weedsport, NY pour déménager le tout à Charlotte, NC. Personnellement, je préférais opérer sous la gouverne de Glenn et DIRT Motorsports au lieu de la nouvelle direction de World Racing Group.  Il y a un terme anglais qui dit : « Small is beautifull »… Quiconque qui le désirait pouvait appeler au bureau de DIRT à Weedsport et parler à son président Glenn Donnelly.

 

Conclusion

Toutefois, j’aimerais terminer sur une note positive en constatant encore une fois le fait que comme une roue qui a pris son élan ne s’arrêtera pas soudainement, il en ait de même pour les courses sur terre battue au Québec. On ressent encore l’implication de DIRT Motorsports en constatant entres autres le car count que nous avons au Québec. Un certain samedi soir de l’été dernier, on a enregistré 46 Sportsman et 39 voitures 358 pour un total de 85 bolides de type Modifié…  Voilà donc le résultat de pouvoir opérer à armes égales, parmi nombre de pistes et ce au-delà même des frontières. Que dire de plus.

 

Il nous faut remarquer la qualité des dirigeants que nous avons au Québec. Dominic, Jean-François et Yan ne sont pas simplement des hommes d’affaires avertis et des promoteurs de courses hors-pair, et ce sont avant tout des passionnés.  De plus, vous me permettrez de ne pas passer sous silence l’apport dans tout ça de leur directeur de courses Steve Salvas, en poste depuis plus de 10 ans, de même que toute son équipe d’officiels.

 

Nous pouvons affirmer qu’actuellement au Québec, la course automobile sur terre battue est en pleine santé.

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